Chapitre 1 Les agents économiques et les différents types de biens et services

1.1 Introduction

Avant de commencer…

Découvrez cette anecdote, où l’on assiste à l’éclosion d’une entreprise presque immortelle.

Increvable

Osaka, Japon, 6e siècle. Le prince Shôtoku est en pleine tourmente : un clan ennemi lui livre une bataille féroce. Leur but ? Empêcher le prince d’imposer la religion bouddhiste au Japon.

Mais Shôtoku n’est pas homme à se laisser abattre. Pour se donner du courage, il fait un vœu : s’il gagne la bataille, il fera construire un temple majestueux en l’honneur des rois célestes du bouddhisme (les Shi Tennô).

Cela a-t-il pesé dans le combat ? Shôtoku sort en tout cas victorieux. Il lui reste à honorer sa fabuleuse promesse. Et il ne la prend pas à la légère ! Pour construire le temple Shitennô aujourd’hui très célèbre, il va chercher des charpentiers jusqu’en Corée : les Kongô Gumi.

Il ne le sait pas, bien sûr, mais il vient de faire appel à une entreprise promise à une longévité exceptionnelle. Car l’entreprise Kongô Gumi, fondée en 578, se maintiendra jusqu’en 2006. Plus de 1 400 ans ! Sans atteindre cet âge impressionnant, de nombreuses entreprises ont une longévité remarquable : dans le monde près de 5 000 entreprises ont aujourd’hui plus de 200 ans.

Quelles sont les caractéristiques de ces organisations qui durent parfois plus longtemps que des empires ? La réponse dans ce chapitre !

Imaginez un visiteur venu de Mars approchant la Terre, ainsi qu’Herbert « Herb » Simon (1916–2001), un économiste, invitait ses lecteurs à le faire. Équipé d’un télescope capable de révéler la structure sociale, que verrait notre visiteur ?

Ascension de la Terre vue de la surface lunaire.

Illustration 1.1 Ascension de la Terre vue de la surface lunaire.

NASA/Bill Anders.

En émettant un message en direction de leur peuple, les Martiens décriraient la scène comme « une étendue d’espaces verts reliés par des lignes rouges », plutôt que comme « un réseau de lignes rouges reliant des zones vertes ».1

Les entreprises ressembleraient, selon Simon, à des champs de verdure avec, à l’intérieur, des nuances plus claires pour distinguer les différents services et pôles les composant. Pour relier ces champs, des lignes rouges représentant les opérations d’achat et de vente. Et à l’intérieur de ces champs, des lignes bleues, symbolisant les relations d’autorité entre patron et employé, contremaître et monteur, formateur et apprenti.

entreprise
Une organisation économique qui paye des salaires pour employer des individus et achète des facteurs de production dans le but de produire et de commercialiser des biens et services dans l’intention de faire des profits.

Le Martien voit principalement des champs verts, qui représentent des entreprises. Une entreprise organise la production et possède les caractéristiques suivantes :

biens d’équipement
L’ensemble des équipements, bâtiments, matières premières et autres facteurs de productions utilisés dans la production de biens et de services, incluant, le cas échéant, les brevets, ainsi que tout autre type de propriété intellectuelle utilisé.
marché
Un marché est une manière de mettre en relation des personnes qui pourront mutuellement en bénéficier via l’échange de biens et services à travers un processus d’achat et de vente.
  1. Un ou plusieurs individus détiennent des biens d’équipement utilisés dans la production.
  2. Ils dirigent les employés (par l’intermédiaire de cadres dirigeants qu’ils emploient également) dans le but de produire des biens et des services.
  3. Ils versent des salaires aux employés.
  4. Les biens et services produits appartiennent aux propriétaires.
  5. Les propriétaires vendent cette production sur les marchés avec l’intention de réaliser un profit.

Dans la vie de tous les jours, un marché peut être un lieu. Les marchés sont un moyen de transférer des biens et des services d’une personne à une autre. Les marchés établissent généralement un lien entre des individus qui pourraient tirer un avantage mutuel, en échangeant des biens et services, à travers un processus d’achat et de vente.

Ainsi, la vidéo « Vies d’entreprises : une grande entreprise » vous propose de plonger dans l’univers d’une entreprise de grande taille. La Semmaris gère le plus grand marché de produits frais du monde : Rungis.

La production de biens et de services a également lieu au sein des ménages, mais, contrairement aux entreprises, leurs produits ne sont pas nécessairement vendus sur le marché. Dans certaines économies du passé, les biens étaient souvent produits par des familles travaillant ensemble, plutôt que par des entreprises avec des propriétaires et des employés. Il n’y avait pas d’employés, mais plutôt des producteurs indépendants de biens et de services, à la fois pour leur propre usage (ce qu’on appelle production domestique) ou destinés à la vente à des tiers.

État
Au sein d’un territoire donné, la seule entité qui peut dicter aux citoyens ce qu’ils doivent ou ne peuvent pas faire, peut légitimement faire usage de la force et restreindre la liberté d’un individu à cette fin. Connu également sous le terme : pouvoirs publics.

Dans d’autres économies, l’État était l’acteur contrôlant la production et décidant comment les biens seraient distribués et à qui. Ces économies ont existé, par exemple, en Union soviétique, en Allemagne de l’Est et dans de nombreux autres pays d’Europe de l’Est jusqu’à la fin des régimes communistes au début des années 90.

capitalisme
Un système économique dans lequel la propriété privée, les marchés ainsi que les entreprises jouent un rôle-clé. C’est le contraire d’un régime communiste, où l’État est l’acteur économique le plus important.

Bien que les États et les familles demeurent des rouages essentiels au fonctionnement de toute économie, les économies actuelles sont majoritairement capitalistes. Dans une économie capitaliste, la production est effectuée par les entreprises.

ressources (naturelles)
La quantité totale estimée d’une substance dans la croûte terrestre. Voir également : réserves (naturelles).
choix sous contrainte
Ce problème se pose quand nous réfléchissons à la manière de faire le meilleur choix pour nous, étant donné nos préférences et contraintes et lorsque les choses désirées sont rares.

Nous verrons que, dans ces économies, les individus en société s’organisent pour répondre à leurs besoins (Section 1.2 et Section 1.3). Nous verrons également que les ressources nécessaires pour produire les biens et services qui répondent aux besoins des individus ont un coût et une disponibilité́ limitée (Section 1.4). Nous verrons enfin que, face à des désirs potentiellement illimités, les individus doivent choisir sous contrainte quels besoins ou quels désirs satisfaire en premier lieu et comment arbitrer entre différents moyens pour atteindre un certain niveau de satisfaction (Section 1.5).

économie
L’étude de la manière dont les individus interagissent entre eux et avec leur environnement naturel afin d’assurer leur subsistance, et comment celle-ci peut varier au cours du temps.
rareté
Se dit d’un bien qui est désiré et pour lequel il y a un coût d’opportunité à en posséder davantage.
Contexte et finalités Notions
Pour répondre à leurs besoins, les individus en société s’organisent. Une spécialisation dans des grandes fonctions se développe, la notion d’agent économique apparaît. Les ressources nécessaires pour produire les biens et services qui répondent aux besoins des individus ont un coût et une disponibilité limitée : c’est la notion de contrainte économique. L’un des objets de l’économie est d’étudier comment les individus et les groupes d’individus organisent l’utilisation et la répartition des ressources rares à leur disposition, pour obtenir ce dont ils ont besoin, voire ce qu’ils désirent. Face à des désirs potentiellement illimités, les individus doivent choisir sous contrainte (revenu, temps, information) quels besoins ou quels désirs satisfaire en premier lieu et comment arbitrer entre différents moyens pour atteindre un certain niveau de satisfaction. Les différents agents économiques et leur fonction principale.
Les différents types de biens et services.
Les contraintes économiques : revenu, temps, espace, information.
L’arbitrage entre les différentes activités et les choix économiques.

Tableau 1.1 Les agents économiques et les différents types de biens et services : notions, contexte et finalités.

Exercice 1.1 La structure d’une entreprise

Dans l’illustration suivante, nous avons représenté les acteurs et la structure de décision d’une entreprise classique.

Adapté de la Figure 6.1 de L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.

  • Les propriétaires décident des stratégies de long terme : par l’intermédiaire du conseil d’administration, ils décident, en effet, des stratégies de long terme de l’entreprise concernant la nature, les moyens, et le lieu de la production. Ils ordonnent ensuite au(x) dirigeant(s) de mettre en œuvre ces décisions.
  • Les dirigeants assignent des tâches aux employés : chaque dirigeant affecte des travailleurs aux tâches nécessaires à l’exécution de ces décisions et essaie de s’assurer que ces tâches seront effectuées.
  • Flux d’information : les flèches vertes représentent les flux d’information. Les flèches vertes pointant vers le haut sont en pointillé, car les travailleurs savent souvent des choses que les dirigeants ne savent pas, et les dirigeants savent des choses que les propriétaires ne savent pas.

1.Comparez les acteurs et la structure de décision de trois organisations, Google, Wikipédia et une ferme familiale avec ceux présentés dans l’illustration.
2.Dessinez une structure organisationnelle sur le modèle de l’illustration précédente pour représenter chacune de ces entités.

Exercice 1.2 Entreprise ou pas ?

À l’aide de notre définition, expliquez si chacune des organisations suivantes est une entreprise en vérifiant si elle satisfait les critères de définition d’une entreprise. Vous pouvez vous aider d’Internet.

  1. John Lewis (Royaume-Uni)
  2. Une ferme familiale au Vietnam
  3. Le cabinet médical de votre médecin de famille
  4. Walmart (États-Unis)
  5. Un vaisseau corsaire du 18e siècle
  6. Google (États-Unis)
  7. Manchester United (Royaume-Uni)
  8. Wikipédia

Exercice 1.3 Marchés et réseaux sociaux

Considérez le site internet d’un réseau social que vous utilisez, par exemple Instagram. Examinez maintenant notre définition d’un marché. Quelles sont les similarités et les différences entre ce réseau social et un marché ?

Question 1.1 Choisissez les bonnes réponses

Parmi ces exemples, lesquels sont des marchés ?

  • Le rationnement alimentaire en période de guerre
  • Les sites internet d’enchères comme eBay
  • Les revendeurs de billets à l’extérieur des salles de concert
  • La vente illégale d’armes
  • Le transfert de biens et services qui prend place dans une économie planifiée et centralisée à la suite des arrêtés de l’État n’est pas un marché.
  • Un marché basé sur un système d’enchères reste un marché, où le mécanisme de prix fonctionne à travers des offres par opposition à un prix négocié ou prédéterminé.
  • Un marché de revente reste un marché, bien que les biens en question aient déjà été vendus une première fois.
  • Un marché illégal est néanmoins un marché au sens économique du terme.

1.2 Les différents agents économiques et leur fonction principale

Les entreprises existaient mais jouaient un rôle mineur dans de nombreuses économies, avant de devenir essentielles dans la production de biens et services au sein des économies capitalistes.

Les types d’entreprises qui composent une économie capitaliste incluent les restaurants, les banques, les grandes fermes qui payent d’autres personnes pour y travailler, les établissements industriels, les supermarchés et les fournisseurs d’accès à Internet.

coopérative (entreprise)
Une entreprise qui est majoritairement ou entièrement détenue par ses employés, qui ont donc la capacité de recruter et de renvoyer les dirigeants. Ce type d’entreprise se distingue d’une entreprise classique qui est majoritairement ou entièrement détenue par les dirigeants.

D’autres organisations productives qui ne sont pas des entreprises et qui jouent un rôle dans une économie capitaliste incluent notamment les activités familiales, dans lesquelles la plupart ou toutes les personnes y travaillant sont des membres de la famille, les organisations à but non lucratif, les coopératives de salariés et les entités détenues par l’État (comme les compagnies de transport, d’électricité ou d’eau).

actif de l’entreprise
La valeur d’une entreprise qui est possédée par un employé ou un dirigeant.

Ce ne sont pas des entreprises, soit parce qu’elles ne réalisent pas de profit, soit parce que les propriétaires ne sont pas des individus privés qui possèdent les actifs de l’entreprise et emploient d’autres personnes pour y travailler.

À l’image des entreprises et des familles, l’État est un acteur économique. Au sein d’un territoire donné, l’État peut imposer aux individus ce qu’ils doivent ou ne doivent pas faire. Il peut utiliser la force et restreindre les libertés individuelles pour y parvenir. Pour distinguer l’État des acteurs économiques privés comme les entreprises, les familles, les individus, les syndicats et les organisations professionnelles, nous définissons l’État comme le seul organisme sur un territoire géographique (la nation) qui puisse légitimement user de la force et de la menace de la force contre les citoyens de cette nation. De manière routinière, l’État effectue des actions, comme mettre des individus en prison, un pouvoir que l’individu privé ne possède pas.

Cependant, les États s’engagent également dans des activités améliorant considérablement le niveau de vie et la qualité de vie des citoyens. Par exemple, l’État a fortement contribué à augmenter l’espérance de vie moyenne des Français en imposant des normes d’hygiène. De grandes décisions que seul un État peut prendre : déplacer les cimetières à l’extérieur, développer un réseau d’égouts, etc. Et puis il y a aussi l’invention d’un certain Eugène Poubelle à Paris à la fin du 19e siècle !

Préfet de la Seine, il voulait que les habitants arrêtent de jeter leurs ordures par la fenêtre. Il imposa donc un contenant avec un couvercle dans chaque immeuble pour stocker les déchets. L’objet a naturellement pris le nom de son inventeur : la poubelle. Eugène se serait sans doute bien passé de cet hommage !

De nos jours, les ménages obtiennent encore des biens et des services fournis par l’État sans les payer au moment de leur consommation. La sécurité personnelle – la protection contre les agressions criminelles ou les incendies domestiques, par exemple – est généralement en partie assurée par les services de police secours et de sapeurs-pompiers fournis par l’État.

syndicat
Une organisation qui est composée majoritairement d’employés, dont les activités principales incluent la négociation des salaires et des conditions de travail de ses membres.

Les comptes nationaux sont des statistiques publiques, qui utilisent des informations sur les acteurs économiques pour construire une image quantifiée de l’économie dans son ensemble. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) collecte, produit, analyse et diffuse ces informations sur l’économie et la société françaises.

La vidéo « Pour comprendre les statistiques de l’Insee » décrit la production des statistiques de l’Insee : mode de collecte, analyse et résultats.

comptabilité nationale
Le système utilisé pour mesurer la production et la dépense totale d’un pays.

Les différents acteurs de la vie économique sont regroupés par les bureaux nationaux de statistique dans des ensembles considérés comme pertinents. Les unités, dites « institutionnelles », constituent les unités de base de la comptabilité nationale. Une unité institutionnelle est une entité économique caractérisée par une autonomie de décision dans l’exercice de sa fonction principale. Le système européen des comptes nationaux et régionaux (SEC) permet de collecter des données comparables, à jour et fiables sur la structure et l’évolution de l’économie des États membres de l’Union européenne et de leurs régions. Dans le SEC 2010, les unités institutionnelles sont regroupées en cinq secteurs institutionnels nationaux qui s’excluent mutuellement, à savoir :

  1. les sociétés non financières
  2. les sociétés financières
  3. les administrations publiques
  4. les ménages
  5. les institutions sans but lucratif au service des ménages.

Ensemble, ces cinq secteurs constituent l’économie nationale totale. L’Illustration 1.2 montre comment les unités institutionnelles sont affectées aux secteurs institutionnels.

L’affectation des unités institutionnelles aux secteurs institutionnels.

Illustration 1.2 L’affectation des unités institutionnelles aux secteurs institutionnels.

Système européen des comptes nationaux et régionaux 2010.

Exercice 1.4 Capitalisme

série chronologique
Un ensemble d’observations d’une variable, ordonnées dans le temps, prises à des moments (ou des points dans le temps) successifs, dans la plupart des cas réguliers.

Le terme « capitalisme » – que nous analysons précédemment – était à peine connu il y a un siècle, mais, comme vous pouvez le constater sur le graphique suivant, son usage a explosé depuis. Le graphique montre la part de tous les articles du New York Times (à l’exclusion des articles sportifs), pour lequel de longues séries chronologiques sont disponibles, qui utilisent le mot « capitalisme ».

Adapté de la Figure 1.7 de L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.

  1. Pouvez-vous proposer une explication pour l’utilisation du terme « capitalisme » au moment des pics ?
  2. Selon vous, pourquoi l’utilisation du terme est restée si importante depuis la fin des années 80 ?

1.3 Les différents types de biens et services

droits de propriété
Protection légale de la propriété, qui inclut le droit d’en exclure l’usage à des tiers, la jouissance ou le droit de vendre le bien possédé.
propriété
Le droit d’utiliser et d’exclure des tiers de l’usage d’un bien tout en ayant le droit de vendre le bien possédé.

Si quelque chose doit être vendu et acheté, alors il doit être possible d’exiger le droit de le posséder, d’en avoir la propriété. Un achat est simplement un transfert de droits de propriété du vendeur vers l’acheteur.

propriété privée
Le droit de jouir de ses possessions de la manière désirée, en exclure les autres de leur usage, tout en ayant la possibilité de les offrir ou les vendre à des tiers qui deviendront ensuite les nouveaux propriétaires.

La propriété privée peut être détenue par un individu, une famille, une entreprise ou une autre entité différente de l’État. Elle signifie que vous pouvez profiter de vos biens comme bon vous semble, en exclure l’usage par d’autres si vous le souhaitez, en disposer pour les offrir ou les vendre à quelqu’un, qui deviendra leur propriétaire.

La propriété privée est une condition essentielle au fonctionnement des marchés : les acheteurs ne voudront pas payer pour des biens, à moins d’avoir le droit de les posséder. Il existe des choses auxquelles nous accordons de l’importance qui ne relèvent pas de la propriété privée : par exemple, l’air que nous respirons, et la plupart des connaissances que nous utilisons ne peuvent être ni possédées ni achetées et vendues.

contrat
Un document juridique ou un accord qui spécifie l’ensemble des actions que les parties au contrat doivent entreprendre.
norme sociale
Un accord commun entre la plupart des membres d’une société sur ce que les individus devraient faire dans une situation donnée, quand leurs actions affectent les autres.

Vous hésiteriez à payer quelque chose à moins de croire que les autres reconnaîtraient (et si besoin, protégeraient) votre droit de le garder. Les États, par exemple, fournissent un système de lois et d’exécution de ces lois qui garantissent les droits de propriété et font entrer en vigueur les contrats. Les normes sociales imposent le respect des droits de propriété d’autrui, même lorsque l’exécution en semble improbable ou impossible.

côté « demande »
Le côté d’un marché au sein duquel les participants sont disposés à dépenser de l’argent afin d’acquérir un bien ou un service (par exemple, les consommateurs qui achètent du pain). Voir également : côté « offre ».

Les biens sont des objets physiques sur lesquels des droits de propriété peuvent être établis, dont la propriété peut être transférée d’une unité institutionnelle à une autre au moyen de transactions sur des marchés et pour lesquels il existe une demande. Ils sont demandés parce qu’ils peuvent être utilisés pour satisfaire les besoins ou les désirs des ménages ou de la société, ou encore pour produire d’autres biens ou services.

industrie
Activité économique visant la production de biens : agriculture, extraction, manufacture et construction. Le secteur manufacturier est la composante la plus importante.

Dans les comptes nationaux, les industries des biens intermédiaires recouvrent des activités qui produisent des biens le plus souvent destinés à être réincorporés dans d’autres biens ou qui sont détruits par leur utilisation pour produire d’autres biens.

Par exemple, la plupart des composants de l’iPhone et de l’iPad créés par Apple sont produits par de nombreuses et différentes entreprises. Samsung produit le microprocesseur en Corée du Sud. D’autres composants encore sont fabriqués par Infineon en Allemagne. Des composants tels que la mémoire flash, le module d’affichage et l’écran tactile ne viennent pas d’Apple, mais sont produits par d’autres entreprises comme Toshiba et Sharp au Japon.

bien de consommation
Un bien ou un service qui satisfait les besoins des consommateurs sur une courte période.
biens durables
Biens de consommation avec une espérance de vie de plus de trois ans, comme les meubles, les automobiles ou les réfrigérateurs.

Les industries de biens de consommation recouvrent en revanche des activités dont le débouché « naturel » est la consommation finale des ménages. Les biens comme les voitures, les appareils ménagers et les meubles qui ont une durée de vie de trois ans au moins sont appelés des biens durables. Ceux dont la durée de vie est inférieure sont des biens non durables.

La production et l’échange des biens sont des activités tout à fait séparées. Près de la moitié des salariés d’Apple aux États-Unis vendent, mais ne produisent pas les produits de l’entreprise, tandis que d’autres entreprises sont engagées dans une compétition internationale pour s’imposer sur le marché lucratif des fournisseurs de composants d’Apple.

Certains biens peuvent ne jamais être échangés, tandis que d’autres peuvent être achetés et vendus de nombreuses fois. Nous avons récemment observé une prolifération des plateformes internet qui connectent des individus, en commençant par le lancement en 1995 d’eBay, permettant des transactions de consommateur à consommateur. Les sites internet aident maintenant les étudiants à vendre leurs manuels à d’autres étudiants de leur université. Par le passé, les marchés d’articles d’occasion impliquaient souvent des intermédiaires spécialisés, mais aujourd’hui les vendeurs peuvent prendre contact avec les acheteurs directement sur des marchés en ligne tels qu’eBay.

La séparation de la production d’un bien de sa vente ou revente ultérieure est caractéristique des biens, alors que pour les services, ces deux activités sont indissociables. Les biens sont en principe des choses tangibles. Les services sont des choses généralement intangibles achetées par les ménages, telles que les transports, le logement (paiement d’un loyer), une adhésion à un club de gym, un traitement médical.

Les services désignent dans leur sens le plus large les « activités tertiaires » qui comprennent :

Dans les comptes nationaux, il faut parler de services principalement marchands, car pour certaines activités coexistent des parties marchandes et non marchandes. L’Insee considère qu’une unité rend des services marchands lorsqu’elle les vend (en grande partie ou en totalité) à des prix économiquement significatifs (c’est-à-dire un prix couvrant plus de la moitié des coûts de production).

Par conséquent, il considère qu’une unité rend des services non marchands lorsqu’elle les fournit gratuitement ou à des prix qui ne sont pas économiquement significatifs. L’enseignement primaire fournit un bon exemple. Dans la plupart des pays, l’enseignement primaire est gratuit pour tous les enfants et financé par l’impôt. Les soins de santé de base – au moins les soins d’urgence – sont souvent également accessibles à tous, indépendamment de la capacité à payer. Dans la plupart des pays, il en va de même pour l’aide juridictionnelle lors d’un procès : une personne ne pouvant pas payer un avocat se voit assigner une représentation juridique gratuitement.

Suivez les étapes de l’analyse du Graphique 1.1 pour voir que dans les grandes économies industrielles le récent grand déplacement de l’emploi s’est opéré de la production de biens (manufacturés et agricoles) vers la production de services.

Graphique 1.1 Essor et déclin de la part de l’emploi industriel (1870–2013).

US Bureau of Labor Statistics. 2004. International Labor Comparisons (ILC). Mis à jour le 14 octobre 2004 ; International Labour Association. 2015. ILOSTAT Database; the Conference Board. International Comparisons of Annual Labor Force Statistics, 2013. Adapté de la Figure 16.18 de L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.

L’emploi quitte le secteur industriel

Ce processus s’est engagé au Royaume-Uni et aux États-Unis aux alentours de 1950, suivis par le Japon et l’Allemagne environ 20 ans après.

Graphique 1.1a

La Corée du Sud s’impose comme puissance industrielle

Cette domination s’affirme seulement dans le dernier quart du 20e siècle, mais la part de l’emploi industriel s’effondre avant les années 2000.

Graphique 1.1b

L’industrie à Taïwan et en Allemagne

La part de la population active dans le secteur manufacturier est maintenant plus élevée à Taïwan qu’en Allemagne.

Graphique 1.1c

Le secteur manufacturier en Chine

Contrairement aux autres pays sur le graphique, en Chine, le travail continue d’être absorbé par le secteur industriel dans la première décennie du 21e siècle.

Graphique 1.1d

Le Graphique 1.1 montre les phases de croissance et de déclin de l’emploi dans le secteur manufacturier à différentes périodes. L’industrie manufacturière est à l’origine de la plupart des emplois dans l’industrie, et les termes « manufacturier » et « industriel » sont souvent utilisés de manière interchangeable.

Pour la plupart des grandes économies dans le monde, la période d’expansion de l’emploi manufacturier se termina aux alentours du troisième quart du 20e siècle. Parallèlement, la quantité de travail allouée à l’agriculture a continué de décliner dans tous les pays représentés sur le Graphique 1.1. Moins d’un travailleur sur 20 dans les pays riches travaille dans l’agriculture. Tout comme l’industrie avait remplacé l’agriculture comme source principale d’emploi, la production de services plutôt que de biens remplaça l’industrie.

Exercice 1.5 La chaumière de l’homme pauvre

« Dans sa chaumière, l’homme le plus pauvre peut défier toutes les forces de la Couronne. Sa chaumière peut bien être frêle, son toit branlant, le vent peut souffler en travers d’elle, la tempête, la pluie y pénétrer, mais le roi d’Angleterre ne le peut pas, sa puissance n’oserait franchir le seuil de cette maison en ruine. » – William Pitt, 1er Comte de Chatham. Discours à la Chambre des communes (1763).

  1. Que nous indique ce texte sur la signification de la propriété privée ?
  2. Cela s’applique-t-il aux habitations des citoyens de votre pays ?

Exercice 1.6 Droits de propriété et contrats à Madagascar

Marcel Fafchamps et Bart Minten ont étudié les marchés des céréales à Madagascar en 1997, où les institutions juridiques chargées de faire respecter les droits de propriété et les contrats étaient fragiles. Malgré cela, ils ont constaté que le vol et les violations de contrat étaient rares. Les marchands de céréales évitaient les vols en maintenant leurs stocks très bas et, si nécessaire, en dormant dans les entrepôts à céréales. Ils s’abstenaient d’employer de nouveaux travailleurs par peur de vol impliquant les employés. Lorsqu’ils transportaient leurs biens, ils payaient pour être protégés et voyageaient en convoi. La plupart des transactions se faisaient simplement sous la forme de libre-service de gros. La confiance était établie par la répétition des interactions avec les mêmes marchands.

  1. Ces observations suggèrent-elles que des institutions juridiques solides ne sont pas nécessaires au bon fonctionnement des marchés ?
  2. Pensez à des transactions de marché auxquelles vous avez pris part. Ces marchés pourraient-ils fonctionner en l’absence d’un cadre juridique, et, le cas échéant, dans quelle mesure seraient-ils différents ?
  3. Avez-vous des exemples de transactions de marché qui seraient facilitées par des interactions répétées ?
  4. Pourquoi ces interactions répétées peuvent-elles être importantes, même lorsqu’un cadre légal existe ?

Exercice 1.7 État et contrôle de soi

Dans une économie capitaliste, à moins de circonstances exceptionnelles, l’État ne peut pas confisquer vos biens, ce qui limite sa capacité à s’enrichir à vos dépens.

James Madison, une figure majeure des débats sur la constitution des États-Unis après la victoire des anciennes colonies britanniques lors de la guerre d’indépendance américaine, a écrit en 1788 :

« Dans la conception d’un État qui doit être géré par des hommes pour des hommes, la grande difficulté est la suivante : vous devez d’abord permettre au gouvernement de contrôler les gouvernés ; et, ensuite, vous devez l’obliger à se contrôler lui-même. »

Idéalement, une démocratie donne du pouvoir aux citoyens en octroyant à tout le monde le droit de vote dans des élections concurrentielles et limite ce que peuvent faire les gouvernements en garantissant à chacun les droits individuels de liberté d’expression et d’association. Comment la démocratie (y compris l’État de droit) répond-elle aux préoccupations de Madison sur la manière de forcer l’État à « se contrôler » ?

Question 1.2 Choisissez les bonnes réponses

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont des exemples de propriété privée ?

  • Les ordinateurs de votre école
  • La terre d’un fermier sous l’ère soviétique en Russie
  • Les parts d’une entreprise
  • Les compétences d’un travailleur
  • Bien que les ordinateurs possédés par l’école puissent être utilisés par beaucoup d’élèves, ils restent la propriété de l’école, qui demande un paiement (les frais d’inscription) pour leur accès et leur usage peut être interdit aux non-élèves.
  • En Russie, à la période soviétique, votre terre pouvait être transférée à d’autres par l’État et, ainsi, ne relevait pas de la propriété privée.
  • Les parts d’une entreprise représentent un droit sur les bénéfices futurs de l’entreprise ; ce droit peut être vendu, donné ou exercé selon les souhaits du propriétaire et représente le revenu que les non-propriétaires ne peuvent pas revendiquer.
  • Alors que la propriété intellectuelle est une propriété privée (de vos parents, de votre école ou de vous-même), les autres ne peuvent pas devenir propriétaires de vos compétences.

Question 1.3 Choisissez les bonnes réponses

Le Graphique 1.1 est un graphique représentant la part de l’emploi dans l’industrie manufacturière pour différents pays.

En vous servant de ces informations, lesquelles des affirmations suivantes sont correctes ?

  • La part de l’emploi industriel a baissé dans tous les pays représentés.
  • Le déplacement de l’emploi hors du secteur industriel a commencé au Royaume-Uni et aux États-Unis autour des années 50.
  • La part de l’emploi total dans le secteur industriel a toujours été plus élevée au Royaume-Uni qu’aux États-Unis.
  • La proportion d’emplois dans le secteur industriel est désormais plus élevée dans les pays d’Extrême-Orient qu’en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux États-Unis.
  • Ce n’est pas vrai de Taïwan ni de la Chine.
  • Ce sont effectivement ces pays qui ont connu en premier le déclin de la part de l’emploi industriel.
  • La courbe du Royaume-Uni se trouve effectivement toujours au-dessus de celle des États-Unis.
  • L’Allemagne présente toujours une part d’emploi industriel supérieure à celle du Japon ou de la Corée du Sud.

1.4 Les contraintes économiques

Le 29 septembre 1980 eut lieu l’un des paris les plus célèbres de l’histoire des sciences. Paul Ehrlich, un biologiste, a prédit que dans la décennie à venir la croissance rapide de la population contribuerait à la raréfaction des ressources minérales.

L’Illustration 1.3 montre une manière de penser l’économie : celle-ci fait partie d’un système social plus large, qui est lui-même un élément de la biosphère, qui recouvre l’ensemble des formes de vie sur terre.

L’économie fait partie de la société, qui fait partie de la biosphère.

Illustration 1.3 L’économie fait partie de la société, qui fait partie de la biosphère.

Adapté de la Figure 1.5 de L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.

réserves (naturelles)
La quantité d’une ressource naturelle qu’il est économiquement possible d’extraire étant donné les technologies existantes. Les réserves naturelles ne constituent qu’une partie des ressources naturelles disponible sur Terre. Voir également : ressources (naturelles).

Julian Simon, un économiste, pensait au contraire que l’humanité ne manquerait jamais de minéraux, car des prix plus élevés stimuleraient la recherche de nouvelles réserves ou de nouvelles façons d’économiser l’utilisation des ressources.

Le débat entre Ehrlich et Simon était motivé par la question de l’épuisement possible des ressources naturelles de la planète – bien qu’un intervalle de dix ans soit trop court pour nous renseigner sur la raréfaction des matières premières à long terme.

Les sciences économiques ont pour objet l’étude de la manière dont les individus interagissent entre eux et avec leur environnement afin de produire leur subsistance, et comment celle-ci peut varier au cours du temps.

Nous savons que les prix reflètent la rareté : si un bien devient plus rare, ou plus cher à produire, l’offre chutera et le prix aura tendance à augmenter. Mais comment devraient évoluer le prix et la disponibilité du cuivre ou du chrome à long terme ?

technologie
Un procédé transformant un ensemble de matériaux et d’autres facteurs de production, y compris la force de travail et les machines, en production.

Lorsque le prix du cuivre augmente, les producteurs sont incités à investir dans de nouvelles technologies qui rendront l’extraction moins coûteuse. De leur côté, les consommateurs substituent au cuivre d’autres matières premières. Ces deux forces tendent à faire baisser les prix.

investissement
Dépense dans des biens d’équipement nouvellement produits (machines et équipements) et dans des bâtiments, y compris de nouveaux logements.

Lorsque les prix du cuivre commencent à baisser, les entreprises limitent les nouveaux investissements en extraction et les consommateurs demandent davantage de cuivre. Cela fait repartir les prix à la hausse. L’existence de prix de marché pour les matières premières empêche ainsi que nous nous retrouvions à court de ressources. Les réserves connues évoluent au même rythme que la production.

Au cours des deux derniers siècles, les prix de nombreuses ressources minérales n’ont pas sensiblement changé, bien que l’extraction se soit énormément développée. Malgré la fluctuation des prix d’une année sur l’autre, la tendance générale est plate. Cela indique que la quantité de nombreuses matières premières dans la croûte terrestre – les ressources naturelles – est importante.

côté « offre »
Le côté d’un marché au sein duquel les participants sont disposés à offrir quelque chose en échange d’argent (par exemple, ceux qui vendent du pain). Voir également : côté « demande ».

Durant plus de 60 ans, les experts de l’industrie pétrolière ont prédit que la demande dépasserait bientôt l’offre : la production atteindrait un niveau maximal et les prix augmenteraient à mesure que les réserves mondiales déclineraient.

Entre 1981 et 2014, plus de 1 000 milliards de barils ont été extraits et consommés, pourtant les réserves mondiales de pétrole ont plus que doublé, en passant de 680 milliards de barils à 1 700 milliards de barils environ. Les réserves ont augmenté plus que l’extraction.

L’augmentation des réserves fut supérieure à la quantité extraite, ce qui suggère que les hausses de l’offre ont été plus importantes que les hausses de la demande.

progrès technologique
Un changement de technologie qui réduit la quantité de ressources (travail, machines, terres, énergie, temps) requises pour produire la même quantité de production.

Cela s’explique sans doute principalement par des progrès technologiques ayant permis de trouver davantage de pétrole et de l’extraire à un coût peu élevé. La technologie traditionnelle d’extraction du pétrole se caractérise par un investissement initial important pour creuser des puits de pétrole onéreux dont la construction peut prendre plusieurs mois, parfois plus. Une fois en place, ces puits peuvent pomper jusqu’à ce qu’ils soient vides ou qu’ils ne soient plus rentables.

La prédiction de Julian Simon était donc correcte pour la période 1981–2014 : la découverte de technologie a permis la découverte de nouvelles ressources, de les extraire plus efficacement et l’offre pétrolière s’est accrue plus rapidement que la demande.

Cela s’explique par la hausse constante du prix du baril pendant cette période. C’est ce qui a, en effet, incité à de nouvelles explorations. Le Graphique 1.2 représente le prix réel du pétrole sur les marchés mondiaux (en dollars américains constants de 2014) et la quantité totale consommée dans le monde entre 1865 et 2014.

Prix mondiaux du pétrole (1865–2014) et consommation mondiale de pétrole (1965–2014).

Graphique 1.2 Prix mondiaux du pétrole (1865–2014) et consommation mondiale de pétrole (1965–2014).

BP. (2015) BP Statistical Review of World Energy June 2015. Note : en prix constants. Adapté de la Figure 11.7 de L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.

La présence d’un « pic pétrolier » n’est pas manifeste sur le Graphique 1.2. Cependant, les prix ont fortement augmenté au cours du 21e siècle et un nombre croissant d’analystes estiment que le pétrole conventionnel, au moins, a atteint un pic. Mais des ressources alternatives, comme l’huile de schiste, sont maintenant en cours d’exploitation.

La combustion d’énergies fossiles pour l’énergie et l’utilisation industrielle cause des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. Le Graphique 1.3 montre la quantité de CO2 qui serait émise pour différents niveaux d’utilisation des réserves (qui peuvent être économiquement et technologiquement extraites) et des ressources (quantités totales estimées) d’énergies fossiles dans la croûte terrestre.

Dioxyde de carbone dans les réserves et ressources de combustibles fossiles, relativement à la capacité atmosphérique de la Terre.

Graphique 1.3 Dioxyde de carbone dans les réserves et ressources de combustibles fossiles, relativement à la capacité atmosphérique de la Terre.

Calculs d’Alexander Otto du Environmental Change Institute, université d’Oxford, fondés sur : Aurora Energy Research. 2014. ‘Carbon Content of Global Reserves and Resources’; Bundesanstalt für Geowissenschaften und Rohstoffe (The Federal Institute for Geosciences and Natural Resources). 2012. Energy Study 2012; IPCC. 2013. Climate Change 2013: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change. Cambridge: Cambridge University Press; Cameron Hepburn, Eric Beinhocker, J. Doyne Farmer, and Alexander Teytelboym. 2014. ‘Resilient and Inclusive Prosperity within Planetary Boundaries.’ China & World Economy 22 (5): 76–92. Adapté de la Figure 20.8 de L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.

Le changement climatique est un phénomène mondial. Toutefois, de nombreuses conséquences environnementales sont locales, comme les problèmes respiratoires en milieu urbain et d’autres maladies résultant des hauts niveaux d’émissions polluantes de centrales électriques, de véhicules, et d’autres sources. Une partie du CO2 est également absorbée dans les océans. D’où une montée de leur acidité, tuant la vie marine.

Il montre également la quantité de CO2 qui serait émise si nous :

Le CO2 permet aux rayons du soleil d’atteindre la Terre, mais enferme la chaleur réfléchie sur Terre, ce qui entraîne des augmentations de la température atmosphérique et des changements climatiques.

Le reportage « À quoi ressemble le réchauffement climatique dans la ville la plus froide du monde ? », réalisé par Konbini News, illustre les conséquences du réchauffement climatique en Sibérie à Iakoutsk, la ville la plus froide du monde.

Les conséquences probables du réchauffement climatique sont conséquentes : fonte de la calotte glacière, élévation des niveaux de la mer qui pourraient faire disparaître sous l’eau de longues zones côtières, altérations possibles du climat et des saisons des pluies qui pourraient anéantir des zones de culture à travers le monde.

Selon les estimations, il faudrait contenir les nouvelles émissions à seulement 1-1,5 trillion de tonnes de CO2 dans l’atmosphère pour se donner une chance raisonnable de limiter la hausse des températures à 2°C au-dessus des niveaux préindustriels. Selon le Graphique 1.3, limiter le réchauffement à 2°C implique que la majorité des réserves et ressources des combustibles fossiles reste inexploitée.

Si nous parvenons à atteindre cette limite sur les émissions, il existerait tout de même une probabilité de 1 % environ que la température augmente de plus de 6°C, ce qui serait une catastrophe économique mondiale. Si nous dépassons la limite et que la température augmente de 3,4°C au-dessus des niveaux préindustriels, la probabilité d’une catastrophe économique déclenchée par le climat serait de 10 %.

Exercice 1.8 La révolution de l’huile de schiste

Un événement important de la dernière décennie a été la réémergence des États-Unis en tant que producteur de pétrole majeur à travers la « révolution de l’huile de schiste ». Cette huile de schiste est extraite en utilisant la technique de la fracturation hydraulique : elle consiste à injecter sous haute pression un fluide dans le sol pour fracturer la roche et permettre l’extraction.

Expliquez en quoi la production d’huile de schiste diffère de l’extraction traditionnelle.

Question 1.4 Choisissez la bonne réponse

Le tableau suivant montre la relation entre les augmentations estimées de températures et la quantité de CO2 émise. Par exemple, elle indique que 1 700 à 1 800 milliards de tonnes supplémentaires d’émissions de CO2 auraient de grandes chances de provoquer une augmentation de la température de 2°C, par rapport à la moyenne préindustrielle. Cependant, des augmentations supérieures sont possibles du fait de l’incertitude quant aux liens entre émissions et température.

Hausse probable des températures (℃, par rapport à la moyenne entre 1861-80) Émissions supplémentaires de CO2 (en milliards de tonnes)
2 1 780
3 3 328
4 4 876
5 6 423

Vous disposez également de l’information suivante : 36 milliards de tonnes de CO2 sont produites chaque année actuellement. D’après ces informations, laquelle de ces affirmations est correcte ?

  • Le tableau suggère que le monde devrait cesser immédiatement d’utiliser du charbon.
  • Utiliser toutes les réserves mais aucune des ressources devrait empêcher la température d’augmenter de plus de 2℃.
  • Limiter les nouvelles émissions de CO2 de 1 000 à 1 500 milliards de tonnes garantit que la température n’augmentera pas de plus de 2℃.
  • Stabiliser le taux des émissions au niveau actuel ne sera pas suffisant pour empêcher la possibilité d’une catastrophe économique due au climat.
  • La question de l’arrêt de l’utilisation du charbon dépend du coût des nouvelles augmentations de températures par rapport aux bénéfices tirés de l’utilisation du charbon.
  • Les températures augmenteraient de 3℃ si toutes les réserves d’énergies fossiles étaient utilisées.
  • 1 000 à 1 500 milliards de tonnes d’émissions de CO2 auraient de fortes chances de provoquer une augmentation des températures de 2℃, mais nous n’en sommes pas certains à 100 %.
  • Stabiliser les émissions causera une augmentation constante du stock de CO2 dans l’atmosphère, entraînant une nouvelle augmentation des températures.

1.5 L’arbitrage entre les différentes activités et les choix économiques

Supposons que vous travaillez au Royaume-Uni, et que votre emploi vous rapporte 15 £ par heure, pour une semaine de travail de 40 heures : vous gagnez donc 600 £ par semaine. Supposons que, par chance, on vous propose un emploi bien mieux payé – six fois mieux. Votre nouveau salaire horaire est de 90 £. Supposons également que votre employeur potentiel vous laisse choisir votre nombre hebdomadaire d’heures de travail. Continueriez-vous à travailler 40 heures par semaine ?

Les petits-enfants de paysans en 1250 n’ont pas eu à faire face aux choix proposés par votre employeur. Les 500 ans qui ont suivi se sont déroulés sans changement notoire dans les conditions de vie d’un travailleur ordinaire. Le Graphique 1.4 montre un indice du salaire réel moyen des artisans qualifiés londoniens entre 1264 et 2001.

Salaires réels au cours de sept siècles : salaires des artisans (travailleurs qualifiés) à Londres (1264–2001).

Graphique 1.4 Salaires réels au cours de sept siècles : salaires des artisans (travailleurs qualifiés) à Londres (1264–2001) et population britannique.

Robert C. Allen. 2001. ‘The Great Divergence in European Wages and Prices from the Middle Ages to the First World War’. Explorations in Economic History 38 (4): pp. 411–447; Stephen Broadberry, Bruce Campbell, Alexander Klein, Mark Overton and Bas van Leeuwen. 2015. British Economic Growth, 1270–1870, Cambridge University Press. Adapté de la Figure 2.1 de L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.

Le terme « indice » indique la valeur d’un montant par rapport à sa valeur à un autre moment (la période de référence) qui est en général normalisée à 100. Dans notre cas, l’année de référence est 1850, mais la courbe aurait eu la même forme si une autre année avait été sélectionnée. La courbe serait simplement positionnée plus en haut ou plus en bas dans le plan, mais elle garderait la même forme : celle de la crosse de hockey.

Si vous n’avez jamais vu une crosse de hockey sur glace (ou regardé du hockey sur glace), voici pourquoi nous parlons de « courbes en forme de crosse de hockey ».

Une crosse de hockey est un bâton droit, qui se termine par un coude prenant la forme d'une courbe inclinée vers le haut.

pouvoir d’achat
Volume de biens et services qu’un revenu permet d’acheter. Son évolution est liée à celle des prix et des salaires.

Le terme « réel » indique que le salaire monétaire (disons, 6 shillings par heure à l’époque) de chaque année a été ajusté pour tenir compte des changements de prix au cours du temps. Cela a nécessité de collecter des données à la fois sur les salaires et les prix des biens que les travailleurs consommaient à chaque époque. Le résultat (le salaire monétaire chaque année, après ajustement pour tenir compte des changements de prix) représente le pouvoir d’achat de l’argent gagné annuellement par les travailleurs (nous aborderons la mesure du pouvoir d’achat et d’autres indicateurs de l’économie plus en détail dans le Chapitre 8 (Le pouvoir d’achat des ménages).

invention
Le développement de nouvelles méthodes de production et de nouveaux produits.
Révolution industrielle
Une vague d’avancées technologiques et de changements organisationnels qui a commencé en Grande-Bretagne au 18e siècle, et qui a transformé une économie basée sur l’agriculture et l’artisanat en une économie du commerce et de l’industrie.

L’innovation radicale introduit une technologie ou une idée entièrement nouvelle, qui n’était pas disponible jusqu’à présent.

En 1600, un travailleur britannique passait, en moyenne, 266 jours au travail, soit environ deux jours de temps libre par semaine. Cette valeur a peu évolué jusqu’à une exceptionnelle succession d’inventions radicales qui au 18e siècle permirent de produire autant de biens avec moins de main-d’œuvre – la Révolution industrielle. À partir de cette époque, les salaires ont commencé à augmenter, comme nous pouvons l’observer dans le Graphique 1.4, et le temps de travail également, pour se porter à 318 jours en 1870. Le nombre de jours de temps libre a été réduit de moitié !

En effet, chaque heure de temps libre signifie que vous perdez une heure de salaire parce que votre temps est limité. Le salaire réel correspond au coût de consommer du loisir. Par conséquent, lorsque le salaire augmente, le temps libre devient plus coûteux relativement à la consommation de biens (qui sont achetés avec le revenu du salaire). Cela signifie que vous êtes alors incité(e) à travailler plus – à diminuer votre temps libre.

effet de substitution
L’effet dû uniquement aux changements dans le prix ou le coût d’opportunité, pour un nouveau niveau d’utilité donné.

En conséquence, les travailleurs ont substitué de la consommation de biens à de la consommation de loisirs, ce qui impliquait moins de temps libre et une offre de travail accrue. On parle d’effet de substitution.

L’effet de substitution rend compte de l’idée selon laquelle, lorsqu’un bien devient plus onéreux relativement à un autre bien, vous décidez de consommer un peu plus de cet autre bien et un peu moins du bien devenu plus onéreux. Il a pour effet de réduire les heures de temps libre.

En revanche, nous avons assisté au cours du 20e siècle à une hausse des salaires et… à une baisse du nombre d’heures de travail. Le Graphique 1.5 illustre l’évolution des heures de travail dans de nombreux pays au cours du 20e siècle (le Royaume-Uni est dans les deux graphiques pour faciliter la comparaison) :

Heures de travail par an (1900-2000).

Graphique 1.5 Heures de travail par an (1900-2000).

Michael Huberman and Chris Minns. 2007. ‘The times they are not changin’: Days and hours of work in Old and New Worlds, 1870–2000’. Explorations in Economic History 44 (4): pp. 538–567. Adapté de la figure de l’Exercice 3.11 de L’équipe Core, L’Économie, 2018. Paris : Eyrolles.

À la fin du 19e siècle, et durant la première moitié du 20e siècle, dans de nombreux pays, le temps de travail a diminué progressivement. Pour quelle(s) raison(s)?

effet de revenu
L’effet qu’un revenu additionnel aurait s’il n’y avait pas de changement dans le prix ou le coût d’opportunité.

La réponse est qu’une hausse de votre salaire a deux effets. Le revenu plus élevé de chaque heure de travail a amélioré le sort des travailleurs. Des salaires plus élevés signifiaient qu’il était possible d’avoir à la fois une consommation plus élevée et plus de temps libre. Et comme vous, les travailleurs voulaient plus des deux. C’est ce qu’on appelle l’effet de revenu : il implique que les travailleurs veulent avoir plus d’heures de temps libre et davantage de consommation.

L’effet de substitution provoqué par un salaire plus élevé incite les travailleurs à travailler plus longtemps, alors que l’effet de revenu les rend désireux d’avoir davantage de temps libre. L’effet total de l’augmentation du salaire dépend de la somme des effets de revenu et de substitution. Les employés préféreront moins d’heures de travail si l’effet de revenu domine l’effet de substitution.

Comment comparer cela au choix que vous auriez fait si votre employeur hypothétique vous avait proposé un salaire multiplié par six ?

Vous pouvez maintenant gagner autant qu’avant en ne travaillant que 6 heures et 40 minutes par semaine (ce qui vous laisse un week-end de six jours !). Une semaine compte 168 heures, de sorte qu’après 40 heures de travail, il vous reste 128 heures de temps libre, que vous pouvez répartir entre des activités non professionnelles, comme les loisirs et le sommeil. Vous profiteriez alors de 26 % de temps libre supplémentaire. Une autre possibilité serait d’utiliser cette hausse de votre salaire horaire pour augmenter à la fois votre salaire hebdomadaire et votre temps libre d’un montant intermédiaire. Dans ce cas, l’effet de revenu est plus important que l’effet de substitution, de sorte que le temps libre et la quantité de biens consommés chaque jour augmentent tous les deux.

bien normal
Un bien pour lequel la demande augmente lorsque le revenu d’une personne augmente, en maintenant tous les prix inchangés.

Nous supposons que, pour la plupart des biens, l’effet revenu sera positif, ou nul, mais jamais négatif : si votre revenu augmentait, vous ne choisiriez pas d’avoir moins de quelque chose auquel vous accordez de la valeur. En économie, le terme « bien normal » est utilisé lorsque quelque chose est demandé davantage quand le revenu augmente. En utilisant cette définition, la consommation et le temps libre sont des biens normaux.

Comment ce raisonnement pourrait-il expliquer les différentes données historiques auxquelles nous avons accès ?

Considérons d’abord la période antérieure à 1870 en Grande-Bretagne, lorsque les heures de travail et les salaires ont augmenté simultanément. La récompense plus élevée de travailler une heure supplémentaire a accru l’incitation à travailler. La consommation était relativement faible avant 1870 et, par conséquent, lorsque la hausse des salaires a permis aux travailleurs de consommer davantage, ils n’ont pas souhaité substituer du temps libre aux biens. L’effet de revenu résultant du choix de plus de temps libre était faible. Ainsi, avant 1870, l’effet de substitution négatif (baisse du temps libre) était plus important que l’effet de revenu positif (hausse du temps libre), ce qui a augmenté les heures de travail.

À la fin du 19e siècle, le niveau de consommation des travailleurs était plus élevé et ils accordaient davantage de valeur à leur temps libre donc l’effet de revenu généré par une augmentation des salaires était plus important. Lorsque l’effet de revenu a commencé à l’emporter sur l’effet de substitution, le temps de travail a diminué.

Nous pouvons interpréter l’évolution entre 1900 et 2013 du temps libre et des biens par jour pour les employés américains en utilisant notre raisonnement. En effet, le salaire horaire réel moyen des travailleurs américains a été multiplié par plus de six au cours du 20e siècle. Cela offre une incitation à travailler de plus longues heures (effet de substitution). Mais un revenu plus élevé incite à augmenter le temps libre (effet de revenu). Le changement total dans les heures travaillées dépend de la taille relative de ces effets.

En 1865, les États-Unis ont aboli l’esclavage et les anciens esclaves ont mis à profit leur liberté pour travailler beaucoup moins.

Alors que les salaires horaires des Américains ont été multipliés par plus de six au cours du 20e siècle, leur temps de travail annuel moyen a diminué d’un peu plus d’un tiers. Dans le cas présent, l’effet de revenu est plus important, donc avec la hausse des salaires, les travailleurs américains ont pris à la fois davantage de temps libre et davantage de biens.

Dans de nombreux pays, le niveau de vie a considérablement augmenté depuis 1870. Cependant, dans certains pays, les individus ont continué à travailler aussi longtemps mais ont consommé davantage, tandis que, dans d’autres, les individus jouissent de davantage de temps libre. L’effet total de l’augmentation du salaire dépend de la somme des effets de revenu et de substitution.

Dans notre vidéo « Économiste en action », Juliet Schor, une sociologue et économiste connue pour ces travaux sur le paradoxe selon lequel de nombreux individus fortunés dans le monde continuent à travailler davantage malgré les gains technologiques, s’interroge sur les conséquences pour notre qualité de vie et notre environnement.

Exercice 1.9 Différences de temps de travail entre les pays et dans le temps

Le Graphique 1.5 montre la diminution du temps de travail annuel depuis 1900 dans de nombreux pays.

  1. Comment décririez-vous les évolutions ?
  2. En quoi les pays du groupe A sont-ils différents de ceux du groupe B ?
  3. D’après vous, comment expliquer que la diminution des heures de travail ait été plus importante dans certains pays que dans d’autres ?
  4. D’après vous, pourquoi, dans la plupart des pays, la diminution des heures de travail a-t-elle été plus rapide au cours de la première moitié du siècle ?
  5. Dans les années récentes, y a-t-il eu des pays où les heures de travail ont augmenté ? D’après vous, pourquoi ?

Exercice 1.10 Une autre définition des sciences économiques

Lionel Robbins, un économiste, a écrit en 1932 que : « L’économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre des fins données et des moyens rares à usages alternatifs. »

  1. Donnez un exemple provenant de ce chapitre afin d’illustrer la façon dont les sciences économiques étudient le comportement humain en tant que relation entre « des fins données et des moyens rares à usages alternatifs ».
  2. Les « fins » de l’activité économique, c’est-à-dire les choses que nous désirons, sont-elles fixes ? Utilisez les exemples de ce chapitre pour illustrer votre réponse.
  3. Le thème auquel Robbins fait référence – faire au mieux dans une situation donnée – est une partie essentielle des sciences économiques. Mais les sciences économiques sont-elles limitées à l’étude de « moyens rares à usages alternatifs » ? En répondant à cette question, comparez la définition de Robbins et celle donnée dans la Section 1.4, et remarquez que Robbins a écrit ces mots à une époque où 15 % de la main-d’œuvre britannique était au chômage.

Question 1.5 Choisissez la bonne réponse

En Grande-Bretagne, les salaires et les heures travaillées ont augmenté pendant la période antérieure à 1870, tandis qu’au 20e siècle la durée du travail a diminué même si les salaires ont continué d’augmenter. Sur la base de ces informations, laquelle des affirmations suivantes est correcte ?

  • Le coût de consommer du loisir pour un travailleur a augmenté entre avant 1870 et le 20e siècle.
  • Avant 1870, les effets de substitution et de revenu de la hausse des salaires, positifs, ont conduit à une réduction du temps libre des travailleurs.
  • D’avant les années 1870 au 20e siècle, l’effet de substitution d’une augmentation du niveau de salaire sur les heures de temps libre est passé de négatif à positif.
  • Au 20e siècle, l’effet de substitution a dominé l’effet de revenu, de sorte que le nombre d’heures de temps libre a augmenté.
  • Le niveau de salaire est le coût de consommer du loisir qui a augmenté avec le temps.
  • Un niveau de salaire plus élevé signifie un coût plus élevé de consommer du temps libre. Par conséquent, l’effet de substitution est négatif. Le nombre d’heures de temps libre a augmenté, car l’effet de revenu positif a plus que compensé l’effet de substitution négatif.
  • Un niveau de salaire plus élevé signifie un coût plus élevé de consommer du temps libre. Par conséquent, l’effet de substitution est toujours négatif.
  • Au 20e siècle, l’effet de revenu positif a dominé l’effet de substitution négatif, de sorte que le nombre d’heures de temps libre a augmenté.

Question 1.6 Choisissez les bonnes réponses

Lesquelles des affirmations suivantes sont correctes concernant les effets d’une hausse du salaire réel sur l’offre de travail d’un travailleur ?

  • L’effet de revenu conduira le travailleur à augmenter son offre de travail.
  • L’effet de substitution conduira le travailleur à accroître sa consommation de temps libre.
  • Les effets de revenu et de substitution se renforcent toujours mutuellement, menant à un accroissement de l’offre de travail.
  • À de hauts niveaux de salaire, l’effet de revenu l’emporte sur l’effet de substitution, conduisant à une baisse de l’offre de travail.
  • Quand le salaire réel augmente, le travailleur se sent plus riche. Cela le conduira à travailler moins, en d’autres termes : l’effet de revenu sera négatif.
  • Lorsque le salaire augmente, le travailleur substitue de la consommation de biens à de la consommation de loisirs, ce qui implique moins de temps libre et une offre de travail accrue.
  • Les effets de revenu et de substitution jouent toujours en sens opposé, d’où une offre de travail plus élevée pour des salaires plus faibles et une offre de travail plus faible pour des salaires plus élevés
  • L’effet de revenu (négatif) et l’effet de substitution (positif) jouent toujours en sens opposé. Pour des salaires élevés, le premier dépasse le second, et le travailleur réduit son offre de travail (il gagne déjà suffisamment).

Question 1.7 Choisissez la bonne réponse

Vous travaillez actuellement 40 heures par semaine à un taux horaire de 20 £. Vos heures de temps libre sont définies comme le nombre d’heures par semaine qui ne sont pas passées au travail. Dans le cas présent, cela revient à 24 heures × 7 jours – 40 heures = 128 heures par semaine. Supposez maintenant que le taux horaire de votre salaire ait augmenté de 25 %. Si vous êtes satisfait(e) en gardant votre revenu total hebdomadaire constant, alors :

  • Votre nombre total d’heures de travail hebdomadaire chutera de 25 %.
  • Votre nombre total d’heures de travail hebdomadaire sera de 30 heures.
  • Votre nombre total d’heures de temps libre hebdomadaire augmentera de 25 %.
  • Votre nombre total d’heures de temps libre hebdomadaire augmentera de 6,25 %.
  • Le nouveau taux de salaire est 20 £ × 1,25 = 25 £ par heure. Votre revenu hebdomadaire initial est 20 £ × 40 heures = 800 £. Aussi, votre nouveau nombre total d’heures de travail est 800 £ / 25 £ par = 32 heures. Cela représente un changement de (32 − 40) / 40 = − 20 %.
  • Le nouveau taux de salaire est 20 £ × 1,25 = 25 £ par heure. Votre revenu hebdomadaire initial est 20 £ × 40 heures = 800 £. Aussi, votre nouveau nombre total d’heures de travail est 800 £ / 25 £ par heure = 32 heures.
  • Le nouveau taux de salaire est 20 £ × 1,25 = 25 £ par heure. Votre revenu hebdomadaire initial est 20 £ × 40 heures = 800 £. Aussi, votre nouveau nombre total d’heures de travail est 800 £ / 25 £ par heure = 32 heures. Votre temps libre est donc maintenant de 24 heures par jour × 7 jours par semaine − 32 = 136 heures par semaine, soit une augmentation de (136 − 128) / 128 = 6,25 %.
  • Le nouveau taux horaire de salaire est 20 £ × 1,25 = 25 £ par heure. Votre revenu hebdomadaire initial est 20 £ × 40 heures = 800 £. Aussi, votre nouveau nombre total d’heures de travail est 800 £ / 25 £ par heure = 32 heures. Votre temps libre est donc maintenant de 24 heures par jour × 7 jours par semaine − 32 = 136 heures par semaine, soit une augmentation de (136 − 128) / 128 = 6,25 %.

1.6 Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons étudié les grandes questions économiques liées aux agents économiques et aux différents types de biens et services, ainsi que leurs enjeux actuels.

Nous avons vu que les ressources nécessaires pour produire les biens et services qui répondent aux besoins des individus ont un coût et une disponibilité limitée. Certaines de ces ressources, comme les hydrocarbures et les ressources minérales, sont toujours abondantes. D’autres, comme l’air pur, la biodiversité (dont les récifs coralliens et de nombreuses espèces maritimes et terrestres), les forêts (à cause de la déforestation et de la désertification) et l’eau non polluée, se raréfient.

Nous avons vu également que les individus sont contraints de choisir quels besoins ou quels désirs satisfaire en premier lieu et comment arbitrer entre différents moyens pour atteindre un certain niveau de satisfaction. Nous avons utilisé ces notions de prise de décision en situation de contrainte pour analyser les choix des heures de travail, et comprendre pourquoi les heures de travail ont baissé au cours du 20e siècle.

Avant de continuer…

Illustrez les notions suivantes par un exemple issu de ce chapitre :

  • Les différents agents économiques et leur fonction principale.
  • Les différents types de biens et services.
  • Les contraintes économiques : revenu, temps, espace, information.
  • L’arbitrage entre les différentes activités et les choix économiques.

1.7 Références bibliographiques

  1. Herbert A. Simon. 1991. “Organizations and Markets”. Journal of Economic Perspectives 5 (2): pp. 25–44.